Courrier des trois sénateurs
à Monsieur Luc Chatel
Monsieur Luc CHATEL
Secrétaire d'Etat Chargé de l'Industrie et de la Consommation
139 rue de Bercy
75 572 Paris
Maizières-lès-Metz, le 1er juillet 2008
Monsieur le Ministre,
Par la présente nous souhaitons appeler votre attention sur l'annonce de fermeture de la Manufacture des tabacs de Metz, décidée le 19 juin 2008 par le comité central d'entreprise dans le cadre la nouvelle réorganisation du groupe, anciennement Altadis et racheté en début d'année par l'Anglo-Saxon Impérial Tabacco.
En effet, 1 060 suppressions d'emplois sont prévues dans toute la France et deux fermetures de sites ont été annoncées, celui de Strasbourg et celui de Metz qui emploie 135 personnes, seul site en France où est fabriqué du tabac à rouler.
Cette décision a provoqué la consternation et l'émotion du personnel salarié dont certains ont effectué l'ensemble de leur carrière sur le site messin. Pour les syndicats, cette fermeture n'est ni plus ni moins qu'une délocalisation de leur entreprise dont l'activité est florissante.
Après les annonces de fermeture des sites Arcelor Mittal de Gandrange, et de Michelin Kleber à Toul, une des plus anciennes entreprises industrielles lorraines devrait fermer ses portes. C'est un nouveau coup dur pour notre région, d'autant que le chiffre de 135 salariés ne tient pas compte des emplois indirects au sein des entreprises sous-traitantes qui seront touchées elles aussi.
C'est pourquoi, nous voulons avoir des explications sur les réalités économiques et financières de cette usine qui produit 2800 tonnes de tabac à rouler par an, et sur les capacités de d'impérial Tobacco à maintenir cette activité. Nous vous demandons Monsieur le Ministre d'accorder une attention particulière à ce dossier et d'intervenir directement auprès de l'entreprise pour que ses choix soient reconsidérés.
Si le choix de fermeture devait être confirmé nous comptons sur vous pour veiller à ce qu'Impérial Tobacco supporte intégralement le poids de cette décision unilatérale en garantissant d'une part un avenir de bon niveau à chaque salarié, d'autre part, une juste compensation à la commune de Metz ainsi qu'à la Communauté d'Agglomération Metz Métropole, touchées elles aussi.
Vous remerciant de l'intérêt que vous porterez à ces requêtes et dans l'attente de votre réponse, nous vous prions de croire Monsieur le Ministre, à l'assurance de notre haute considération.
Jean-Pierre Masseret
Gisèle Printz
Jean-Marc Todeschini