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Séance du 15 février 2011 (compte rendu intégral des débats)

 

Débat d'orientation sur la prise en charge de la dépendance et la création d'un cinquième risque (suite)

 

III. – Débat interactif et spontané

 

Mme Gisèle Printz. Mon propos concerne la formation des métiers relatifs à la dépendance.

Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes dépendantes devrait augmenter de 30 % à 50 % d'ici à 2040. Les femmes étant davantage touchées que les hommes par ce phénomène, la question de la dépendance liée à l'âge est un problème qui les intéresse tout particulièrement.

D'une manière générale, si la prise en charge de ces personnes s'appuie aujourd'hui beaucoup sur la solidarité familiale au travers de l'aide apportée par les proches, celle-ci pourrait diminuer à l'avenir, en raison, notamment, de l'augmentation de l'âge moyen des personnes dépendantes et de ruptures plus fréquentes au sein des couples.

Le principal défi à relever sera de développer les métiers de la dépendance, qui connaissent aujourd'hui un déficit d'image, encouragé malheureusement par le regard que porte la société sur les personnes âgées. Cette situation doit changer ! Des milliers d'emplois devront être créés dans ce secteur d'ici à quelques années. Il ne faut surtout pas le négliger, car il constitue un vivier d'emplois nouveaux.

Le chèque emploi-service universel a simplifié les démarches administratives pour l'emploi d'un travailleur à domicile, mais il ne peut s'appliquer indifféremment à tous, car il n'est pas adapté aux seniors dépendants.

Nombre de personnes ayant bénéficié de ce dispositif, notamment des femmes, ont occupé des emplois alors qu'elles sortaient d'une période de précarité ou de chômage de longue durée. Toutefois, je crois que l'on ne se trouve pas dans les meilleures dispositions pour s'occuper de quelqu'un qui est vulnérable lorsqu'on est soi-même en situation de fragilité et qu'on manque de confiance en soi.

Tout le monde ne peut pas s'occuper de personnes dépendantes : même pour des emplois a priori peu qualifiés, comme celui d'aide ménagère, il faut une formation. En effet, pour pouvoir intervenir chez une personne très fragilisée, même si c'est seulement pour y faire le ménage, il faut savoir réagir à des situations compliquées, parler à l'intéressée avec psychologie, voire lui apporter des soins d'urgence.

M. le président. Veuillez conclure, ma chère collègue.

Mme Gisèle Printz. Madame la ministre, quelles mesures le Gouvernement entend-il mettre en œuvre pour répondre aux besoins en matière de formation spécifique aux métiers liés à la prise en charge de la dépendance ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre. Madame la sénatrice, je regrette que Valérie Létard ne soit plus présente, car je pense qu'elle mérite qu'on lui rende hommage pour avoir lancé en 2008 un « plan métiers », qui donne lieu à des expérimentations dans trois régions : l'Alsace, le Centre et le Nord-Pas-de-Calais.

Ces expérimentations concernent : l'observation des emplois et des formations du secteur médico-social et sanitaire ; le soutien à la professionnalisation des demandeurs d'emploi, et nous retrouvons là la problématique qui vient d'être soulevée par M. Bourquin ; l'amélioration du tutorat ; la qualification des personnes en cursus partiels ; le soutien à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

À l'issue d'une première phase de ces expérimentations, nous avons procédé à leur évaluation. Leurs grands axes seront repris et approfondis dans le cadre des orientations nationales des formations sociales qui sont en cours d'élaboration et que je présenterai le 23 mars prochain.


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